Toujours plus pour les spécialistes !
Les
dépassements d’honoraires des médecins spécialistes ont augmenté
en moyenne de 4,6 % entre 2004 et 2006. Ils sont, en règle générale,
supérieurs de moitié au tarif de la Sécu. « Il faut mettre un
terme à cette situation détestable qui constitue un frein à l’accès
aux soins », réagit le président de la Mutualité Française,
Jean-Pierre Davant.
Les dépassements d’honoraires sont plus que jamais
monnaie courante chez les médecins spécialistes. Après avoir explosé
de + 10,4 % entre 2000 et 2004, ils ont encore progressé de
+ 4,6 % entre 2004 et 2006. C’est ce qui ressort d’une nouvelle
étude présentée le jeudi 5 juin par la Caisse nationale d’assurance
maladie (Cnam).
Ces abus s’expliquent par deux raisons. D’un côté,
la part des médecins spécialistes exerçant en secteur 2 a continué
de croître entre 2000 et 2006. De l’autre, les dépassements moyens
par médecin sont aussi en hausse. En 2006, ces tarifs étaient en
moyenne supérieurs de moitié au tarif conventionnel. Ce taux de
dépassement a doublé depuis 1985, rappelle la Cnam.
Chaque année, les dépassements augmentent dans
notre pays au rythme de 100 millions d’euros. En 2006, ils ont
représenté la bagatelle de 2,1 milliards d’euros pour l’ensemble
des libéraux sur un total d’honoraires supérieur à 19 milliards
d’euros. « Il faut mettre un terme à cette situation détestable
qui constitue un frein à l’accès aux soins car les patients ne
peuvent plus payer », réagit le président de la Mutualité
Française, Jean-Pierre Davant.
Tact et mesure : « du
bla-bla-bla »
En avril 2007, l’Inspection générale des Affaires
sociales (Igas) avait déjà dénoncé cette dérive et proposé de supprimer
« totalement ou partiellement ces dépassements », rappelle-t-on.
« Il est temps de remettre à plat l’ensemble du système en
rémunérant à leur juste prix les actes médicaux », estime
Jean-Pierre Davant. « Cette démarche devra être parfaitement
lisible pour les citoyens. Les règles devront s’imposer à tous. »
Un sentiment, semble-t-il, partagé par le directeur
général de la Cnam lors de la présentation de l’étude.
« Pour traiter ce problème, il faut parvenir
à des accords conventionnels pour mieux définir les règles du jeu,
en particulier la notion de tact et mesure qui n’est pas d’une
grande précision », souligne Frédéric Van Roekeghem. En théorie,
les praticiens en secteur 2 sont censés pratiquer des dépassements
avec tact et mesure ! « Aujourd’hui, cette notion, c’est
du bla-bla-bla », ironise également Jean-Pierre Davant.
Pour ceux qui en douteraient, il suffit de s’intéresser
aux chiffres dévoilés par la Cnam. Les dépassements d’honoraires
des spécialistes de secteur 2 représentent en moyenne près du
tiers du total des honoraires perçus. Ces suppléments se sont,
par exemple, élevés en 2006 à 424 000 euros pour les spécialités
chirurgicales, 260 000 euros pour les ophtalmologues et 250 000
euros pour les gynécologues. Autre exemple de dérive : les
stomatologues ont des honoraires supérieurs en moyenne de 75,1 %
aux tarifs de la Sécu.
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Source FNMF, juin 2008
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